Ma passion pour le théâtre

On me demande souvent pourquoi j’aime autant le théâtre. Quand je dis qu’il m’arrive de voir deux/trois pièces par semaine, on me regarde à chaque fois avec des yeux des plus étonnés. J’ai même l’impression qu’on me trouve bizarre ! Pourtant, quelqu’un qui va au cinéma tous les jours, ça ne choque personne. Je vais donc essayer (je dis bien essayer !) de vous raconter ma passion pour le spectacle vivant…

Quand j’étais petite, ma mère m’a énormément « trimballée ». Ateliers créatifs à Beaubourg (j’ai un vague souvenir d’une construction avant-gardiste avec des bouts de bois…), bibliothèques municipales, Jardin d’Acclimatation, concerts de groupes dont je tairai le nom, salles de jeux vidéos… J’ai été habituée à ne pas rester en place et cette habitude ne m’a jamais lâchée.

 

Châtelet était – je crois – notre QG. Il faut dire que c’était accessible directement avec le RER B depuis La Courneuve. Je me souviens d’un temps où sur le parvis de Beaubourg il y avait autre chose que des spectacles de Hip-Hop ratés. Il y avait notamment un vieux monsieur (mon souvenir me dit qu’il était vieux, mais il avait peut-être 30 ans !) qui s’amusait à créer une scène de théâtre avec les touristes. Il prenait bien soin de choisir les accents de chaque comédien forcé de participer à la farce pour jouer avec les mots et les doubles sens. J’ai dû voir son spectacle des dizaines de fois ! Je le connaissais par cœur et je m’amusais à repérer intérieurement les moments où, les choses ne se passant pas comme prévues, il improvisait. J’étais épatée de voir à quel point il faisait rire les passants avec sa simple mise en scène.

Maintenant que je suis grande, il m’est arrivé de retrouver le même sketch orchestré par un autre artiste de rue mais cela n’a jamais eu la même saveur…

La légende dit que le premier spectacle en salle que j’ai vu a été Les Inconnus. Je devais avoir 6 ans donc je n’en ai pas beaucoup de souvenirs, à part une image floue d’un énorme ticket de métro sur scène… Il paraît que le spectacle m’avait énormément plu et ça quelque part, ça a du rester.

Mais le point de départ de toute cette passion qui fait mon quotidien aujourd’hui a été quelques années après. Vous souvenez-vous de l’émission Graines de Stars ? J’aimais beaucoup la session « Graines de comique », c’est d’ailleurs là qu’a été découvert Jean Dujardin dont on parle tant en ce moment ! Il fût une période où le gagnant remportait la chance de jouer au Carré Blanc, un petit café-théâtre de Pigalle. Pour mes 12 ans, ma mère m’a fait la surprise de m’y emmener. Je me souviens que je faisais la gueule comme pas possible dans la voiture ! Je ne savais pas où j’allais et j’étais persuadée que ça allait être une mauvaise surprise… J’en ai honte aujourd’hui ! Et plus on s’approchait du quartier Pigalle, plus j’avais peur. Une vraie sale gosse :-)

 

Arrivée au Carré Blanc, le nom du lieu ne m’a pas fait « tilt » de suite mais la salle dégageait une ambiance qui me plaisait bien. Des petites tables rondes par-ci par-là, des gens qui finissent de manger, d’autres qui prennent un verre et devant tout ce beau monde : une scène. « La Bande du Carré Blanc » du moment a ensuite débarqué pour enchaîner les sketchs et me faire passer une soirée de folie. Il y avait un duo sur lequel j’avais vraiment craqué qui s’appelait « Fabrice & Fabrice » et aussi le Denis Maréchal qu’on connaît aujourd’hui. C’était il y a 14 ans quand même ! Après cette soirée, nous y sommes retournés des tas d’autres fois. On avait – ma mère et moi – envie de faire découvrir le Carré Blanc à tous les gens qui nous entouraient. Et nous avons enchaîné les super soirées. En plus, outre le principe café-théâtre où on pouvait manger avant le spectacle, il y avait également un karaoké après et une ambiance « discothèque » pour finir la soirée. Tout cela dans une ambiance très familiale ; les parents, les enfants et les comédiens se mêlaient pour faire la fête jusqu’au bout de la nuit. Je discutais à chaque fois avec les comédiens d’ailleurs, j’adorais « débriefer » sur leur prestation du soir et leur poser mille questions. Au fur et à mesure, on se sentait chez nous là-bas. On disait bonjour à tout le monde en arrivant. J’y ai fêté mes 13 ans, mes 14 ans… Maintenant, le Carré Blanc a fermé et c’est bien triste… Des tas d’artistes ont joué dans cette salle et c’est ici qu’est née la troupe « Nous C nous » avec Jean Dujardin, Bruno Salomon, Eric Collado and co.

 

Je n’ai jamais retrouvé un café-théâtre comme celui-ci mais les rencontres que j’ai pu faire au Carré Blanc ont définitivement marqué mon goût pour le théâtre « populaire ».

Après cela, j’ai continué d’aller de temps en temps au théâtre. Bon, j’ai fait des études entre temps et j’ai découvert d’autres passions aussi ;-) donc c’était avec moins d’entrain et de rigueur. Et puis le rythme de sorties s’est imposé à nouveau progressivement… mais cette fois-ci toute seule comme une grande. D’abord grâce aux invitations du site Billetreduc (sur lequel je suis inscrite depuis 8 ans !) puis grâce à un abonnement Starter Plus qui me permet d’être invitée le plus souvent possible (et d’en faire profiter autour de moi).

 

Mais c’est surtout deux grandes rencontres qui ont fait renaître ma passion de plus belle. La première avec un spectacle, « Une vie sur mesure » de et avec Cédric Chapuis, que j’ai vu à sa première au Théâtre de Dix heures en janvier 2010. Un vrai moment de grâce. La deuxième avec le journaliste-écrivain-critique Gilbert Jouin que j’ai rencontré dans le métro… grâce au flyer du spectacle de Cédric Chapuis, il y a des choses qui ne s’inventent pas ! Je vous en parlerai peut-être plus longuement un jour.

Me voilà donc aujourd’hui écumant les théâtres parisiens à la recherche de la perle rare que je pourrai vous conseiller ou, mieux, partager avec vous. J’ai beau voir des tas de pièces, je ne m’ennuie jamais au théâtre. Le grand avantage pour moi par rapport au cinéma (outre le prix !) c’est que je peux diriger mon regard où je veux. Si le texte est chiant à mourir mais que le décor est joli, cela me suffit pour m’occuper pendant 1h30. Si un comédien est très bon, je vais l’observer à la loupe pendant la pièce : guetter ses réactions quand il n’est pas en premier plan, repérer ses pirouettes pour rattraper son texte… Quand tout est nul, cela m’intéresse quand même. J’analyse pourquoi ça l’est et comment ça pourrait être autrement.

Et il y a parfois de vraies révélations. Des grands moments de rire ou des forts instants d’émotion… Et là, quand le public applaudit à la fin du spectacle cela se ressent et c’est un vrai bonheur.
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