Le Journal d’Anne Frank au Théâtre Rive Gauche

« Éteignez vos portables, parce qu’eux n’en avaient pas en 1940″…

C’est après cette phrase qu’on plonge dans l’Histoire d’Anne Frank et qu’on en ressort que 2h après. L’Histoire avec un H, celle des horreurs de la 2nd guerre mondiale dont ce journal est un témoin effrayant, mais aussi l’histoire avec un petit h. Celle d’Anne Frank, une jeune adolescente pleine de vie qui rêve de devenir écrivain.

 

Une création mondiale

A l’origine de tout ça, le fonds Anne Frank. Ils ont souhaité commander une nouvelle adaptation du journal au théâtre et ont fait appel aux dramaturges du monde entier. C’est Eric-Emmanuel Schmitt, auteur belge le plus traduit au monde et directeur du théâtre Rive Gauche à Paris, qui remporte ce concours en prenant le parti de centrer la pièce sur la découverte du journal par le père d’Anne.

 

Le résultat

Je n’ai pas perdu une seule miette de la pièce tant elle est captivante. La scénographie est très soignée: les sons, les musiques, les décors, les costumes… Tout est parfaitement calibré et de grande qualité. La jeune Roxane DURÁN, révélée dans le film « Le Ruban Blanc », campe une Anne Frank d’une belle vivacité.

De nombreuses critiques ont reproché à cette pièce un jeu trop impeccable, qui perd du coup en émotions… Je ne vais pas contredire ce point, mais cela ne m’a pas gênée. Au contraire. Ce côté spectaculaire de la pièce, et donc pas forcément intimiste, la rend très accessible et je dirais même presque « pédagogique ». Eric-Emmanuel Schmitt a ce talent de transformer les tragédies en contes pour captiver notre attention et nous faire réfléchir ensuite.

 

L’envie d’écrire

Au-delà du devoir de mémoire que nous rappelle cette pièce, elle montre aussi le pouvoir de l’écriture et m’a donné encore plus l’envie d’écrire. Certes, le contexte n’est pas le même et nos écrits n’auront pas une portée historique comme ceux d’Anne Frank… Mais, et vous me pardonnerez ma mièvrerie du jour :), on mène tous une guerre dans notre propre histoire. Laisser une trace de nos sentiments et de notre quotidien vaut bien plus que de simples souvenirs. Que ce soit pour nous plus tard, ou pour notre entourage.

Quand on y pense, aujourd’hui, Anne Frank aurait peut-être un blog?

Un grand merci à Gilbert Jouin de m’avoir invitée à découvrir cette pièce avec lui. Vous pouvez lire sa critique ici.

J’y retourne avec mes nièces de 13 et 16 ans ce dimanche, j’ai hâte de voir comment cette histoire va résonner en elles…

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