Ma rencontre avec Nicolas Briançon

Nicolas BriançonGrand metteur en scène, comédien et directeur du festival de théâtre d’Anjou, Nicolas Briançon est un homme de théâtre reconnu qui ne s’arrête jamais. Il joue et met actuellement en scène Volpone au théâtre de La Madeleine. Il reprendra avec Lorànt Deutsch à partir du 1er février prochain son adaptation de Songe d’une nuit d’été, grand succès de 2011 avec 84 000 spectateurs payants. Il monte également un projet autour du Marquis de Sade pour le théâtre Ciné 13 et Jacques et son maître sera en tournée cette année.

J’avais rendez-vous avec lui 1h avant qu’il joue à La Madeleine. Je suis arrivée la première. J’attendais, sereine mais impatiente, en lisant mon roman du moment… Il est arrivé 25 minutes après, avec une fougue qui m’a de suite intimidée. Nous avons, en un instant, abordé tous les sujets que j’avais en tête sans que je ne maîtrise quoi que ce soit. « Tous les comédiens ont une grande part de féminité sur laquelle il faut travailler ». C’est la deuxième phrase qu’il a prononcée et déjà, le ton était donné.

La discussion était passionnée, nous allions dans tous les sens… Le rôle d’un metteur en scène, sa première pièce, les grands auteurs classiques, ses plus grands succès, ses erreurs, la vie de comédiens, leur remise en question permanente, l’attente des spectateurs, les critiques… « Les comédiens ne sont pas des artistes, mais des artisans ». Quand nous évoquions la difficulté de ce métier, il me confia même « Si je pouvais, je ferais autre chose ». Ses idées étaient ponctuées de phrases percutantes. Il était grand orateur et moi, je rétorquais comme une adolescente espiègle en le contredisant maladroitement. Et quand je le cherchais sur sa passion des auteurs « morts », il finit par me répondre « Je ne vis peut-être pas dans mon époque ».

Mes questions attendaient sagement sur une feuille posée devant moi, mais j’avais déjà bien plus que ce que j’attendais…

Sauf que voilà, c’était bien beau de profiter mais je ne voulais surtout pas rentrer bredouille ! Alors quand il a dû filer après notre échange éclair, j’étais bien embêtée. – «Et mes questions? ». – « Demain? ». Ok. Même pas peur. Euh… oui, même heure.

Je suis donc revenue le lendemain. J’ai enclenché le magnéto dès les premières secondes. Et je lui ai proposé mon interview « Twitter » qui avait déjà fait ses preuves avec le chanteur Bastian Baker quelques semaines auparavant. Le principe: reprendre les codes et traditions du réseau social sous forme de questions.

Nicolas Briançon s’est inscrit récemment sur Twitter (@NicolasBriancon) et était un peu surpris mais cela m’allait très bien.

 

Nicolas, une question avant de commencer, comment est née votre passion pour le théâtre?

J’étais d’une famille qui n’allait pas du tout au théâtre, pourtant une famille plutôt bourgeoise. Miraculeusement, par un hasard, mon père m’a emmené voir quand j’avais 15 ans La Flûte enchantée que Bergman avait fait pour le cinéma. Il y a eu un avant et un après cette séance. Je suis sorti métamorphosé. Après, en réfléchissant, je me dis qu’il y avait plein de choses… Le fait que  mon père m’emmène au cinéma, ce qu’il n’avait pas l’habitude de faire. C’était une sortie entre nous, ce qui fait que j’ai vécu intensément tout ce qui s’est passé ce jour-là. Mais il y avait quand même l’opéra de Mozart, et le travail très théâtral de Bergman. Il filme l’opéra comme s’il était au théâtre. C’est pour cela que c’est mon film d’opéra préféré; il ne fuit pas le théâtre, il l’assume. Cet aller-retour entre théâtre et réalisme m’avait fasciné. J’ai toujours gardé cette image dans mon travail. Un théâtre très assumé mais en même temps dans le jeu, on oublie, je l’espère, qu’on est au théâtre.

 

Pouvez-vous nous décrire la pièce « Volpone » de Ben Jonson que vous jouez en ce moment au théâtre de La Madeleine en 140 caractères?

La cupidité, la lâcheté, l’avarice, la folie, l’ennui, la tristesse, la fin des illusions.

 

L’un des Hashtags (mots-clés précédés d’un #) le plus utilisé en 2012 a été #nowplaying ou #np pour partager la musique que l’on écoute. Et vous, quelles musiques vous accompagnent?

Tout Mozart. L’opéra en général. Dans les chanteurs, Aznavour… Et dans les groupes, Muse !

 

Une tradition veut que le vendredi, on conseille des comptes à suivre dans un tweet commençant par #FF pour Follow Friday. Qui nous recommandez-vous?

J’aime beaucoup les articles de Constance Gay consacrés à la musique classique dans Le Point. Et sur Twitter, je recommande Fous de théâtre (@FousdeTheatre).

Et pour finir, une #JeudiConfession à nous faire?

Je rêve de monter un musical. Mais un bon !

 

Un grand merci à Nicolas Briançon pour sa générosité. Je venais avec l’envie d’en apprendre plus sur son travail, je suis repartie chargée de bons conseils…

En 2013, si vous voulez l’apprécier sur scène et/ou à la mise en scène, vous aurez le choix :

VOLPONE

Jusqu’au 6 janvier 2013 au Théâtre de La Madeleine. Mon avis ici.

Ce sont les toute dernières, foncez !

Songe d'une nuit d'été

A partir du 1er  février 2013 au Théâtre de La Porte St-Martin.

Je compte y retourner si ça vous dit…

Layout 2

A partir du 9 janvier 2013 au Ciné 13 Théâtre.

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