« André » au Carreau du Temple

La petite fiche
  • De Marie Rémond
  • Par Marie Rémond, Clément Bresson et Sébastien Pouderoux
  • Avec Marie Rémond, Christophe Garcia, Laurent Ménoret
  • Au Carreau du Temple
  • Du Du 3 mars au 20 mars, 20h30
  • 5/5

 andreEn partenariat avec la mairie du 3ème arrondissement, le Théâtre du Rond-Point s’exporte : deux fois par an, des pièces de jeunes créateurs ou des pièces ayant déjà été victimes de leur succès au Rond-Point font escale au Carreau du Temple, un ancien marché couvert fraîchement réaménagé en salle culturelle.

C’est dans le cadre de ce Festival « Hors les murs » que nous avons le plaisir de retrouver la pièce André,  grand succès du festival d’Avignon 2012 et de la saison du Rond-Point qui a suivi. Si vous l’avez manqué, c’est le moment ou jamais de vous rattraper.

Vous l’aurez peut-être deviné grâce à l’affiche, André est bel et bien un spectacle sur André… Agassi.

C’est en lisant son autobiographie, « Open », que Marie Rémond a eu l’envie d’écrire une pièce sur l’ex n°1 du tennis.

Avec André, Marie s’est servie un rôle en or. Parce que oui, la jeune auteur est allée au bout de son idée et interprète elle-même André Agassi ! Elle entraîne avec elle deux camarades de promo du Théâtre National de Strasbourg, Clément Bresson et Sébastien Pouderoux (de la Comédie Française), qui interpréteront tour à tour le père-coach-bourreau du champion, l’entraîneur, Brooke Shields, Steffi Graph…

Quand on sait qu’André Agassi disait dans sa bio détester le tennis, on comprend ce qui a pu les inspirer.

André est une pièce sur le talent, l’acharnement, le libre-arbitre, la pression des parents et le paraître. Être toujours bon et avoir l’air fort, même quand on ne l’est pas… On notera cette scène de grande qualité pendant laquelle les coachs d’André Agassi lui font répéter mille fois cette réclame « Bonjour, je m’appelle André Agassi ». Ce moment est un vrai régal, bien qu’il soit aussi tragique que drôle…

Je crois d’ailleurs que le contraste entre ces deux adjectifs résume assez bien la pièce. Ils mélangent en plus les genres: le réalisme vient parfois ternir une scène limite burlesque, c’est assez troublant mais très réussi. Et j’aime définitivement quand les comédiens jouent plusieurs rôles dans la même pièce, cela permet d’apprécier d’autant plus la diversité de leur jeu. Et bien-sûr, j’aime encore et toujours quand les femmes jouent des rôles d’hommes et vice-versa.

On ne dira pas comme d’un Pierre Niney en Yves Saint-Laurent qu’on la confondrait avec son personnage. Non, l’idée n’est pas là. L’idée est de se détacher du corps, de la voix et de la représentation exacte pour lire les émotions autrement : dans les yeux, dans les mots, dans les mains… C’est je crois ce qu’on appelle la distanciation au théâtre (les experts en parleraient mieux que moi !) et c’est un procédé que j’aime particulièrement. Se détacher du visuel, du réalisme pur pour laisser tout l’espace à l’imaginaire. C’est là, à mon sens, que l’art prend toute sa forme. Et c’est en cet aspect, et en beaucoup d’autres, que Marie Rémond est une grande comédienne et une auteure que je vous invite chaudement à découvrir.

©Mario-Del-Curto_IMG_1058

Sachez qu’il n’est en aucun cas nécessaire d’aimer le tennis pour apprécier cette pièce ! Je ne connaissais pas du tout André Agassi et j’ai été ravie d’en apprendre un peu plus sur lui. Pour la petite histoire, la pièce s’appelait initialement Agassi mais les droits ayant été refusés, le titre s’est transformé en cet énigmatique André.

Alors, on y fonce ?

 

Haut de page