Catégorie : Un peu de moi

De la modernité des pièces classiques

Il y a quelques jours, j’ai lu des tas de critiques de la pièce « Volpone » qui se joue actuellement à La Madeleine. Je me suis amusée de voir les adjectifs « moderne » et « actuel » revenir aussi souvent. En bonne accro à Twitter, j’ai aussitôt – et sans recul aucun – partagé ma découverte.

S’en est suivi un mini débat avec mes tweets-friends préférés, mais les 140 caractères deviennent vite frustrants pour tout le monde ! Et comme le sujet me passionne pas mal, je vais essayer d’expliquer un peu plus ma réflexion ici.

Quand je dis que cela m’a amusée, c’est vraiment le terme. Car moi aussi, après avoir vu la pièce, je me suis surprise à dire à mes amis « c’est une pièce classique, mais elle est moderne hein ! ». Et là, je me suis demandé si toutes ces critiques que j’ai lues ne cherchaient pas, comme moi, à mettre tout simplement une feuille de vigne sur le côté classique du texte. Comme s’il fallait rassurer le spectateur. Non, ce n’est pas un texte classique ennuyant, incompréhensible et destiné aux intellos.

Comme je disais sur Twitter en ironisant un peu, cela me fait penser à ces filles dont on dit « elle n’est pas terrible, mais tu verras, elle est super drôle et intelligente ».

Et même si je l’ai moi-même fait – pour Volpone ! – je m’interroge. Ne pourrait-on pas apprécier un texte dit « classique » uniquement pour ce qu’il est, sans chercher en lui une modernité ? Serait-ce si peu vendeur que de dire qu’il est tout de même un peu dépassé ?

Ce sont de vraies questions, je n’en ai à vrai dire pas la moindre idée !

 

Il y a un autre aspect de cette question qui me fait cogiter encore plus. Les pièces n’ont, m’a-t-on soufflé, d’intérêt que si elles nous interrogent sur notre vie d’aujourd’hui malgré leur vieil âge. Cela a toujours été mon leitmotiv. Je ne jure, et surtout en littérature, que par les œuvres qui me parlent, ou encore mieux font échos à ma vie. J’ai par exemple beaucoup de mal à lire un roman étranger; et ceux qui se déroulent à Paris sont mes préférés !

Mais je crois que je suis en train de changer, et cela me réjouit plutôt pas mal.

Apprécier une œuvre qui sort complètement de son cadre de référence est plutôt signe qu’elle est de grande qualité, non ? C’est aussi ce qui permet d’accéder à un imaginaire, un ailleurs qui nous sort de notre quotidien. Je n’en suis pas encore là, mais j’espère tendre à aimer ce qui ne fait pas écho en moi.

Pour revenir à Volpone par exemple, qui est le point de départ de tout ce remue-méninge, je n’ai pas philosophé en sortant du théâtre. Le texte était pour moi quand même un peu dépassé, mais je connais très peu d’histoires d’argent autour de moi donc ceci s’explique peut-être… J’ai néanmoins largement apprécié la pièce qui m’a divertie malgré ma fatigue. L’étoffe des personnages était parfaitement bien construite. Je n’ai personne de ressemblant autour de moi, et heureusement !

Et vous, que vous inspire tout « ça » ? :-)

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Révolution !

La Gaité Montparnasse, vide un 12 septembre à Paris…*

Nos chers théâtres parisiens sont en manque de spectateurs

Même Stage Entertainment, grande société de production de music-halls qui a racheté le théâtre Mogador, peine à faire durer ses spectacles dans la capitale (même si les arguments avancés dans l’interview me surprennent…).

Les amis, réagissons ! Mobilisons-nous et faisons vivre ces théâtres qui appartiennent à notre patrimoine !
Fouillez les billetteries, les blogs, et prenez des risques.

Invitez donc belle maman et beau papa au Théâtre Antoine ou petite cousine et petit cousin à l’Européen.

Mangez, bougez et faites vivre la culture et le divertissement !

 

A bientôt dans les salles.

 

Gladys, racoleuse d’un jour mais pas de toujours ;-)

 

* Ceci est une blague. Il se joue d’ailleurs à La Gaité « Une semaine… pas plus ! » que je n’ai pas encore vu mais dont j’ai de très bons échos.

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Ma passion pour le théâtre

On me demande souvent pourquoi j’aime autant le théâtre. Quand je dis qu’il m’arrive de voir deux/trois pièces par semaine, on me regarde à chaque fois avec des yeux des plus étonnés. J’ai même l’impression qu’on me trouve bizarre ! Pourtant, quelqu’un qui va au cinéma tous les jours, ça ne choque personne. Je vais donc essayer (je dis bien essayer !) de vous raconter ma passion pour le spectacle vivant…

Quand j’étais petite, ma mère m’a énormément « trimballée ». Ateliers créatifs à Beaubourg (j’ai un vague souvenir d’une construction avant-gardiste avec des bouts de bois…), bibliothèques municipales, Jardin d’Acclimatation, concerts de groupes dont je tairai le nom, salles de jeux vidéos… J’ai été habituée à ne pas rester en place et cette habitude ne m’a jamais lâchée.

 

Châtelet était – je crois – notre QG. Il faut dire que c’était accessible directement avec le RER B depuis La Courneuve. Je me souviens d’un temps où sur le parvis de Beaubourg il y avait autre chose que des spectacles de Hip-Hop ratés. Il y avait notamment un vieux monsieur (mon souvenir me dit qu’il était vieux, mais il avait peut-être 30 ans !) qui s’amusait à créer une scène de théâtre avec les touristes. Il prenait bien soin de choisir les accents de chaque comédien forcé de participer à la farce pour jouer avec les mots et les doubles sens. J’ai dû voir son spectacle des dizaines de fois ! Je le connaissais par cœur et je m’amusais à repérer intérieurement les moments où, les choses ne se passant pas comme prévues, il improvisait. J’étais épatée de voir à quel point il faisait rire les passants avec sa simple mise en scène.

Maintenant que je suis grande, il m’est arrivé de retrouver le même sketch orchestré par un autre artiste de rue mais cela n’a jamais eu la même saveur…

La légende dit que le premier spectacle en salle que j’ai vu a été Les Inconnus. Je devais avoir 6 ans donc je n’en ai pas beaucoup de souvenirs, à part une image floue d’un énorme ticket de métro sur scène… Il paraît que le spectacle m’avait énormément plu et ça quelque part, ça a du rester.

Mais le point de départ de toute cette passion qui fait mon quotidien aujourd’hui a été quelques années après. Vous souvenez-vous de l’émission Graines de Stars ? J’aimais beaucoup la session « Graines de comique », c’est d’ailleurs là qu’a été découvert Jean Dujardin dont on parle tant en ce moment ! Il fût une période où le gagnant remportait la chance de jouer au Carré Blanc, un petit café-théâtre de Pigalle. Pour mes 12 ans, ma mère m’a fait la surprise de m’y emmener. Je me souviens que je faisais la gueule comme pas possible dans la voiture ! Je ne savais pas où j’allais et j’étais persuadée que ça allait être une mauvaise surprise… J’en ai honte aujourd’hui ! Et plus on s’approchait du quartier Pigalle, plus j’avais peur. Une vraie sale gosse :-)

 

Arrivée au Carré Blanc, le nom du lieu ne m’a pas fait « tilt » de suite mais la salle dégageait une ambiance qui me plaisait bien. Des petites tables rondes par-ci par-là, des gens qui finissent de manger, d’autres qui prennent un verre et devant tout ce beau monde : une scène. « La Bande du Carré Blanc » du moment a ensuite débarqué pour enchaîner les sketchs et me faire passer une soirée de folie. Il y avait un duo sur lequel j’avais vraiment craqué qui s’appelait « Fabrice & Fabrice » et aussi le Denis Maréchal qu’on connaît aujourd’hui. C’était il y a 14 ans quand même ! Après cette soirée, nous y sommes retournés des tas d’autres fois. On avait – ma mère et moi – envie de faire découvrir le Carré Blanc à tous les gens qui nous entouraient. Et nous avons enchaîné les super soirées. En plus, outre le principe café-théâtre où on pouvait manger avant le spectacle, il y avait également un karaoké après et une ambiance « discothèque » pour finir la soirée. Tout cela dans une ambiance très familiale ; les parents, les enfants et les comédiens se mêlaient pour faire la fête jusqu’au bout de la nuit. Je discutais à chaque fois avec les comédiens d’ailleurs, j’adorais « débriefer » sur leur prestation du soir et leur poser mille questions. Au fur et à mesure, on se sentait chez nous là-bas. On disait bonjour à tout le monde en arrivant. J’y ai fêté mes 13 ans, mes 14 ans… Maintenant, le Carré Blanc a fermé et c’est bien triste… Des tas d’artistes ont joué dans cette salle et c’est ici qu’est née la troupe « Nous C nous » avec Jean Dujardin, Bruno Salomon, Eric Collado and co.

 

Je n’ai jamais retrouvé un café-théâtre comme celui-ci mais les rencontres que j’ai pu faire au Carré Blanc ont définitivement marqué mon goût pour le théâtre « populaire ».

Après cela, j’ai continué d’aller de temps en temps au théâtre. Bon, j’ai fait des études entre temps et j’ai découvert d’autres passions aussi ;-) donc c’était avec moins d’entrain et de rigueur. Et puis le rythme de sorties s’est imposé à nouveau progressivement… mais cette fois-ci toute seule comme une grande. D’abord grâce aux invitations du site Billetreduc (sur lequel je suis inscrite depuis 8 ans !) puis grâce à un abonnement Starter Plus qui me permet d’être invitée le plus souvent possible (et d’en faire profiter autour de moi).

 

Mais c’est surtout deux grandes rencontres qui ont fait renaître ma passion de plus belle. La première avec un spectacle, « Une vie sur mesure » de et avec Cédric Chapuis, que j’ai vu à sa première au Théâtre de Dix heures en janvier 2010. Un vrai moment de grâce. La deuxième avec le journaliste-écrivain-critique Gilbert Jouin que j’ai rencontré dans le métro… grâce au flyer du spectacle de Cédric Chapuis, il y a des choses qui ne s’inventent pas ! Je vous en parlerai peut-être plus longuement un jour.

Me voilà donc aujourd’hui écumant les théâtres parisiens à la recherche de la perle rare que je pourrai vous conseiller ou, mieux, partager avec vous. J’ai beau voir des tas de pièces, je ne m’ennuie jamais au théâtre. Le grand avantage pour moi par rapport au cinéma (outre le prix !) c’est que je peux diriger mon regard où je veux. Si le texte est chiant à mourir mais que le décor est joli, cela me suffit pour m’occuper pendant 1h30. Si un comédien est très bon, je vais l’observer à la loupe pendant la pièce : guetter ses réactions quand il n’est pas en premier plan, repérer ses pirouettes pour rattraper son texte… Quand tout est nul, cela m’intéresse quand même. J’analyse pourquoi ça l’est et comment ça pourrait être autrement.

Et il y a parfois de vraies révélations. Des grands moments de rire ou des forts instants d’émotion… Et là, quand le public applaudit à la fin du spectacle cela se ressent et c’est un vrai bonheur.
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