Zelda et Scott à La Bruyère

Lui, c’est Scott. Scott Fitzgerald. Grand écrivain, il se déchire et s’épuise de fêtes en fêtes.
Ses oxygènes: l’alcool et sa femme, dont il puise l’inspiration de ses plus grandes héroïnes.

Elle, c’est Zelda. Une danseuse séductrice enfermée dans la boîte à musique de son mari.

 

La pièce commence comme une bulle de champagne. L’ivresse monte en nous sans crier gare. Ils sont en pleine fête, et s’échappent dans leur chambre à coucher pour s’isoler. Leur lit déborde d’amour. Ils dansent, se chamaillent, font des projets, les oublient… Ils ne font rien avec modération.
Des musiciens-live accompagnent ce beau tableau. On se laisse bercer par l’ambiance du New-York des années 20.
PARIS : Filage de la piece"Zelda et Scott" au theatre la Bruyere.
Les années folles défilent, on apprivoise les deux amants… Les échanges sont forts, de plus en plus forts, et nous font voyager dans leur vie et leurs tourments. Scott a écrit Gatsby le Magnifique, il est au sommet de sa gloire mais peine à écrire son prochain roman. Zelda est encore et toujours légère, mais commence à tourner en rond…
Ils vont croiser sur leur chemin Ernest Hemingway, avec qui ils partageront encore un peu d’ivresse… Il deviendra leur ami et très vite le confident impuissant d’un couple qui écrit sa tragédie.

 

L’alcoolisme, la jalousie et la peur du lendemain vont ronger toute la volupté du couple. Scott s’enferme, Zelda étouffe.
Après un apéritif euphorisant, le deuxième acte est une descente aux enfers. La part des anges s’est évaporée.
On finit par un alcool fort, violent. L’alcool de l’absence. L’alcool qui fait mal. L’alcool qui rend fou.

 

Zelda et Scott nous montre le vrai visage du « Je t’aime à la folie ». Et on n’en sort pas indemne.

 

Julien Boisselier et Sara Giraudeau portent magnifiquement cette histoire.
Ils sont délicieux au début. Il est beau, elle est à croquer, ils font envie. Les traits de Julien Boisselier se creusent ensuite progressivement sous nos yeux, c’est flagrant, on le sent partir… Sara Giraudeau quant à elle est… il n’y a même pas de mot.
Elle joue cette poupée manipulée par son mari et enfin désarticulée par son absence avec une force impressionnante. Sa performance finale m’a bouleversée, je suis sortie du Théâtre La Bruyère avec simplement « Mon dieu Zelda et Scott » en tête…

 

Alors certes, on regrettera peut-être que le Hemingway joué par Jean-Paul Bordes soit un peu en retrait et trop spectateur, ou que la fantaisie du premier acte tarde à laisser place au reste, mais peu importe. Pour toute la passion qu’on prend dans la gueule, il faut aller voir Zelda et Scott.

 

On en sort avec l’envie de lire ou relire toutes les œuvres de Fitzgerald, et surtout de savourer l’unique roman (autobiographique) de Zelda Sayre, Accordez-moi cette valse. On en sort avec l’envie d’en savoir encore plus sur eux.

 

J’aime ces pièces qui donnent envie. Envie d’apprendre, envie de lire, envie de dire « je t’aime ».
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Concours Divina au Théâtre des Variétés

Le Théâtre des Variétés me donne l’occasion de vous gâter en vous offrant 2×2 places pour Divina !

La charismatique Amanda Lear en tête d’affiche, la délicieuse et décalée Marie-Julie Baup primée l’année dernière au Palmarès du Théâtre, une comédie d’un jeune auteur (directeur de trois théâtres parisiens à 29 ans !) et une mise en scène de Nicolas Briançon… Les bonnes raisons de découvrir Divina sont nombreuses !

Divina

Comment participer?

Il vous suffit de me laisser un commentaire sous cet article (avec une adresse mail valide) avant dimanche 13 octobre 23h59. Le gagnant sera tiré au sort et annoncé dans la foulée. Les invitations seront valables les mardi, mercredi et jeudi à la date de votre choix.

Sachez que le théâtre organise lui-même un concours dont le 1er lot est 10 places de spectacles ! Ça se passe sur Facebook ici.

Si vous voulez en savoir un peu plus sur le metteur en scène de Divina, je vous invite pour ma part à découvrir ma rencontre avec Nicolas Briançon que je vous avais racontée ici en janvier dernier.

 

Bonne chance à tous !

 

EDIT du 14/10/13
Et les gagnants sont…
Divina_1Divina_2
… les commentaires 5 et 8, à savoir ceux de Déborah et Nicolas !
Bonne soirée au Théâtre Des Variétés à tous les deux !

 

 

Je participe aux Golden Blog Awards, n’hésitez pas à cliquer ici pour me soutenir:

 

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Invisibles au Théâtre 13

La petite fiche
  • De Nasser Djemaï
  • Par Nasser Djemaï
  • Au Théâtre 13 Jardin103 A, boulevard Auguste-Blanqui75013 Paris
  • Du Mardi, jeudi et samedi à 19h30, mercredi et vendredi à 20h30, dimanche à 15h30Jusqu'au 20 octobre 2013
  • À 24€ tarif plein / 16€ réduit / Bon plan : 13€ le 13 de chaque mois.
  • 5/5

Depuis que j’ai vu cette pièce à Avignon en 2012, elle ne m’a pas quittée… J’y repense souvent, je guettais régulièrement les dates et comptais même me déplacer en province pour la revoir. Je suis ravie qu’elle passe au théâtre 13. Ne la manquez pas.

 

Martin, 35 ans, vient de perdre sa mère. Celle-ci lui a laissé un coffret à remettre à son père qu’il n’a jamais connu…

Il va alors partir à sa recherche et se retrouver dans un foyer de vieux travailleurs immigrés d’origine algérienne.

Désemparé et à bout de nerf, Martin va être recueilli par quatre d’entre eux. Il va découvrir le rude quotidien de ces hommes, ces « chibanis* », qui tentent de s’en sortir en France tout en gardant une dignité et une image de réussite pour leur famille restée en Algérie.

 

Cette pièce est un vrai bijou. C’est sûr, les actions ne fusent pas. Mais là n’est pas la force de l’auteur. Son grand talent est de nous faire vivre pendant 1h40 au rythme de ces retraités algériens. Il réussit à retranscrire une ambiance qui ne nous est pas forcément familière et à nous la faire adopter. On est dans ce foyer, on vit avec Driss, Hamid, Majid, Shériff et El-Hadj.

Et surtout on vit avec eux l’intrusion de Martin, « le jeune » comme ils l’appellent. Son désespoir mais aussi l’angoisse des secrets qu’il remue dans ce foyer sont plus que palpables. Et le silence dans la salle tout le long de la représentation en témoigne.Invisibles

Nasser Djemaï, auteur et metteur en scène de cette pièce, réussit avec Invisibles un pari d’une grande qualité. Celui de nous ouvrir les yeux sur un monde qu’on connaît peu.

Les Echos ont d’ailleurs dit à ce propos: « Quand le théâtre dit le monde mieux qu’un documentaire c’est qu’il rime avec art. Bravo Nasser Djemaï ».

La mise en scène, les effets de vidéos « fantasmagoriques » et le texte sont d’une grande finesse. Ce foyer est leur enfer, et Martin a du mal à en sortir… En relisant le texte et surtout la préface, je me suis d’autant plus rendue compte que j’avais vu une belle pièce, une pièce jouant avec les références pour dessiner une réalité. C’est tout ce que j’aime au théâtre.

 

Je dois avouer que je partais avec une émotion d’avance. Ce monde, je le connais un peu puisque ces retraités algériens m’ont fortement fait penser à mon papa… Ils paraissent tellement authentiques, c’est troublant. Tout y est: la gestuelle, l’humour et même les fautes de français…

Quand la pièce s’est terminée, j’ai bien observé la salle et tout le monde semblait très ému. Les applaudissements étaient d’ailleurs très contenus au début. Puis au bout de quelques minutes, le temps que l’émotion laisse place à l’admiration sûrement, les gens se sont levés et ont crié des « bravos » sincères qui m’ont pris au cœur.

 

Vraiment, Invisibles est une pièce de cette rentrée que je vous recommande. Et si vous l’avez vue, je serais ravie d’échanger un peu plus sur nos ressentis.

 * "Chibanis" veut dire "cheveux blancs" en arabe, ce terme est utilisé pour désigner les vieux immigrés maghrébins.
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