Le Paradis Sur Terre

« On a tous quelque chose en nous de Tennessee
Cette volonté de prolonger la nuit
Ce désir fou de vivre une autre vie
Ce rêve en nous avec ses mots à lui ».

On connaît tous cette chanson de Johnny Hallyday, mais connaît-on vraiment son histoire?
Ecrite par Michel Berger en 1985, elle rend hommage à Tennessee Williams (1911-1983), grand dramaturge américain surtout connu pour avoir écrit la pièce « Un tramway nommé désir ».
26 ans après, et à 68 balais, notre Johnny national monte pour la première fois sur les planches dans « Le Paradis sur terre », une pièce de…. Tennessee Williams ! La boucle est bouclée pour l’idole des jeunes? Peut-être mais avec quelques noeuds tout de même…
La pièce se déroule dans le Mississipi, en 1960. Le cyclone menace.
Loth, tout juste marié, est anéanti par la maladie. Il rentre dans la maison de sa défunte mère avec sa nouvelle femme dans les bras… Son demi-frère Chicken (Johnny donc) l’y attend. S’en suit un affrontement d’une tension plus que palpable entre les 3 protagonistes où vont se mêler jalousie, colère, désir et trahison.
Sur l’histoire, je n’en dirais pas beaucoup plus car à vrai dire je n’ai pas su lui trouver grand intérêt.
Pour moi, la grande force de cette pièce est surtout d’ordre esthétique.
Les dix premières minutes sont absolument fabuleuses. Le décor est d’abord planté par une courte vidéo qui s’efface progressivement pour laisser place à la scène et faire apparaître comme par enchantement… Johnny. Vous pouvez me trouver ridicule, mais figurez-vous que j’en ai eu des frissons ! Déjà parce que le décor qu’on découvre alors est magnifique mais ensuite parce que voir Johnny de si près et avec toute la salle qui s’emballe d’un coup ça ne laisse pas indifférent. Johnny ou plutôt Chicken ne dit pas un mot et repart en traversant la scène… Loth et sa dulcinée entrent dans la maison, la jeune mariée découvre la maison et s’extasie devant chaque meuble et chaque poussière. Et on a l’impression que cela dure des heures! Toute la salle n’a qu’une envie: revoir Chicken qu’on entend grogner derrière la porte du salon… Johnny campe en effet un personnage imposant et surtout très effrayant, qui semble rejeter la société. Une espèce de bête féroce prête à jaillir à n’importe quel moment… Il va y avoir une attraction violente entre Chicken et la jeune femme. Cette attirance entre la bête et la belle est intéressante, surtout qu’Audrey Dana est incroyable. Elle est présente sur scène pendant les 2h et porte toute la pièce. Elle fait le va-et-vient entre son mari souffrant à l’étage et Chicken qui l’attend en bas à la cuisine. Elle réussit à nous vendre une énergie folle sans répit. Je crois que bien plus que le personnage violent de Chicken, c’est elle qui crée la tension pendant toute la pièce… Ses cris, sa crainte mais aussi son attirance pour Chicken nous glacent. La blogosphère parle d’un Molière pour la demoiselle l’année prochaine, cela serait amplement mérité.
Et qu’en est-il de Johnny dans tout ça? Eh bien même dans la retenue, il reste une bête de scène. Sa voix grave est bien placée et même si sa diction laisse parfois à désirer, cela appuie le côté animal du personnage. Son visage est dur et fermé, il ne s’ouvre réellement qu’au moment des applaudissements. On voit alors apparaître un Johnny presque gêné et mal à l’aise, dans toute sa modestie. Ses fans en blouson en cuir l’acclament au milieu du (vrai?) public du Edouard VII qui l’applaudit aussi chaleureusement.
Mon verdict : C’est une pièce à voir, c’est sûr. Pour Johnny, pour Audrey Dana, pour le décor, pour le Edouard VII… La tension qu’on subit est troublante, assise au 5ème rang je me sentais toute petite sur mon siège… Mais bien que cette tension soit constamment présente, la pièce s’essouffle assez rapidement et j’ai fini par bailler outrageusement.
Je me suis d’ailleurs demandé si pour ses fans le voir d’aussi près, dans un exercice difficile et dans une pièce de plus de 2h avec de longs moments d’ennuis, cela ne faisait pas redescendre un peu leur idole sur terre… Au moment des saluts, Johnny adresse justement des regards tendres et timides à ses fans. On est bien loin de la star du Stade de France, et je ne sais pas vous expliquer pourquoi mais c’est beau à voir.
La dernière de la pièce sera retransmise en direct sur Paris Première le 19 novembre à 20h50. Je ne vous conseille pas de rester toute la soirée devant votre télé, regardez par contre au moins les 30 premières minutes et les 30 dernières. Elles valent vraiment le coup.
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On fait quoi en novembre?

… eh bien on va au théâtre bien-sûr!
A l’heure où les scènes parisiennes sont envahies par les people, il y a des spectacles dont on parle beaucoup moins que vous devez absolument voir! Parce que oui, on n’a pas besoin d’un Johnny Hallyday, d’un Bruno Solo ou d’un Matthieu Almaric pour passer un très bon moment au théâtre.
Alors si je n’avais que 3 spectacles à vous conseiller ce mois-ci, ce serait Andromaque par Les Epis Noirs au Vingtième Théâtre, Les Sea Girls à La Nouvelle Eve et l’Atelier de Pierre Palmade à la Gaité Montparnasse.
Petit rappel :

Andromaque par Les Épis noirs au Vingtième Théâtre

Du 9 Novembre 2011 au 15 janvier 2012 à 19h30 du mercredi au samedi et à 15h le dimanche
Les Epis Noirs revisitent Andromaque avec un style rock, décalé et sombre qui leur est propre et cela détone.Charlie Hebdo en a dit :
« Un jour tout le monde s’apercevra de la singularité et de l’originalité du travail scénique des Epis Noirs. En attendant, faites partie des heureux qui s‘en aperçoivent avant tout le monde. »

Vous ne pourrez pas dire que je ne vous avais pas prévenus !

 

 

 

 

 

Les Sea Girls à La Nouvelle Ève


Du 17 novembre au 24 mars, du jeudi au samedi à 21h00.

J’en ai déjà trop dit ici.
Alors courez-y et si vous avez besoin je peux vous réserver des places à 20€ ! N’hésitez pas.

 

 

 

 

 

 

 

L’Atelier de Pierre Palmade à la Gaité Montparnasse

Le dimanche à 18h30 et le lundi à 20h30, jusqu’au 19 décembre.


C’était mon grand coup de coeur au festival d’Avignon.
Pierre Palmade a créé un atelier de théâtre il y a deux ans. Il a réuni tout plein d’artistes qu’il avait dénichés dans des cafés-théâtres ou ailleurs. Tous les lundis, ils se retrouvaient et présentaient à Pierre Palmade des saynètes – à deux, trois ou plus – qu’ils avaient eux-mêmes écrites. Le talent étant au rendez-vous, des perles sont sorties de la plume de ces comédiens et Pierre Palmade a décidé de les montrer au public. Après un essai réussi à Avignon, les voici à la Gaité Montparnasse pour deux spectacles en alternance: un le dimanche, et un le lundi.
Bon, je le répète, mais moi je suis plus que fan! Certaines saynètes sont franchement drôles (j’ai ri aux larmes plusieurs fois), et d’autres sont simplement touchantes. On est loin des one-man show et des textes trop entendus.
Certains des comédiens ont vraiment ce « truc en plus ». Je pense par exemple à Anne-Elizabeth Blateau, Nicolas Martinez, Benoit Moret, Yann Papin, Camille Cottin… D’autres sont un peu en-dessous, mais le tout donne quelque chose qui fait du bien et qui change de ce qu’on peut voir aujourd’hui…
Bref, à découvrir absolument !

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Quartier Lointain

Un homme d’une cinquantaine rentre d’un voyage d’affaire. Quelque chose d’étrange se produit à son retour. Il se retrouve catapulté dans sa ville natale. Il redevient petit garçon mais conserve sa conscience d’homme mûr. Il retrouve sa famille, ses copains de l’époque, les bancs de l’école, sa première cigarette et… le drame familial qui l’a toujours hanté. « J’ai dû trop boire », se dit-il. « Je vais me réveiller »…
Dorian Rossel nous offre ici une adaptation sincère du célèbre roman illustré japonais. Je n’avais pas lu « Quartier lointain », mais j’ai bien senti que l’univers original de l’oeuvre était parfaitement respecté sans trop en faire. On
retrouve de ci de là, au milieu d’un décor ingénieux et original, de petites touches japonisantes qui nous ravissent. Le voyage initiatique du personnage principal est touchant et troublant à la fois. Passé l’étonnement de la situation, on finit par se mettre à sa place et se demander « si cela nous arrivait, on changerait quoi dans notre vie? ». Je vous rassure, cette pièce n’est pas faite non plus pour vous triturer le cerveau ! Elle est aussi très drôle. Les 6 comédiens forment une troupe talentueuse qui réussit à créer une ambiance propre à chaque tableau : tantôt dynamique et décalée et tantôt poétique.
Je ne peux que vous conseiller de voir cette pièce. C’est sûr, il ne faut pas vous attendre à des rebondissements à tout va mais on passe un délicieux moment. Et le théâtre Sylvia Montfort y est pour quelque chose: un très bel accueil, une salle confortable où on voit bien de partout (rare!) et un mignon petit bar à l’intérieur même du théâtre où vous pourrez déguster avant ou après des quiches et tartes faites maison! A découvrir! (notamment pour ceux qui habitent le sud de Paris et qui n’ont pas grand chose pour se divertir dans leur quartier :p)


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