Album de famille

Ciné 13 Théâtre
1, avenue Junot
75018 Paris
Métro Lamarck ou Abbesses
Avec en alternance: Mariline Gourdon ou Isabelle Turschwell, Camille Voitellier ou Stéphanie Cavaillès, Philippe Gouin ou Gildas Thomas, Ruben ou Etienne Rousseaux
Mise en scène: Isabelle Turschwell et Lauri Lupi
Du mercredi au samedi à 20h. Le dimanche à 15h30.
Tarif: 12€ pour les moins de 26ans (directement auprès du théâtre), ou 15€ sur billetreduc
4 comédiens-chanteurs nous proposent l’histoire d’une famille en musique. Les tableaux s’enchainent; la famille évolue, se déchire, s’agrandit, s’émancipe… Tout ceci nous est conté à travers des chansons plus ou moins connues et plus ou moins récentes. J’ai été surprise de retrouver parmi leur répertoire Les Fatals Picards et Volo, j’étais ravie d’entendre leurs morceaux revisités par l’attachante troupe du Ciné 13. Mais j’ai surtout découvert de magnifiques chansons (de Regianni ou de Robert Lamoureux par exemple) qui, mêlées aux couleurs des costumes et aux visages expressifs des comédiens, m’ont donné le sourire et m’ont fait passé une très bonne soirée. Je retiendrai surtout l’impressionnante comédienne qui jouait le rôle de « la fille » ce soir-là: Stéphanie Cavaillès. C’est incroyable comme elle réussit à faire vivre aussi bien un bébé farceur qu’une adolescente rebelle ou une mamie nostalgique. Son énergie dynamise parfaitement la pièce.
A noter aussi que la salle apporte beaucoup à la réussite de la soirée: tout près de la Place Marcel Aymé (non loin de la Place du Tertre, à Montmartre), le « Ciné 13 Théâtre » a beaucoup de charme. On y trouve plusieurs salons pour boire un verre avant ou après la pièce, et dans la salle (d’une centaine de places) les canapés rouges et les fauteuils noirs sont très confortables!
Et pour finir, une liste de toutes les chansons du spectacle avec – le plus souvent possible – un lien pour les écouter (zavé vu comme je bosse bien?). Si vous pensez voir la pièce, n’ouvrez pas le spoiler! Découvrez les chansons sur scène, et revenez ici pour les savourer de nouveau (et pour partager avec nous votre coup de cœur!). Si vraiment vous êtes certains de ne pas vous motivez pour une petite soirée montmartoise, prenez le temps d’en écouter certaines. J’ai fait une petite sélection de mes préférées (signalées par un petit cœur, comme c’est mignon!)
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Zoé dans « Symphoniaque »

Les Déchargeurs
Salle Vicky Messica
3 rue des déchargeurs
75001 Paris
Métro: Châtelet / Les Halles

Auteur : Zoé

Metteur en scène : Daphné D’Heur

Compositeur : Jean-Luc Fafchamps

Arrangeur : Guillaume Istace

Tous les lundi à 21h45 jusqu’au 18 avril 2011

Quel coup de coeur! Je ne connaissais pas du tout Zoé, je suis allée aux Déchargeurs sans la moindre idée de ce qui m’attendait. Je ne connaissais ni sa voix, ni son visage, ni même son registre musical. Finalement, après ces 1h10 passées en sa compagnie, je me suis rendue compte qu’il était de toute façon difficile de la classer dans un genre, mais je suis enchantée de l’avoir découverte! Sur des textes d’une écriture incroyablement fine et incisive, Zoé, seule sur scène, s’accompagne de son piano, d’une bande son et parfois de samples  live (des enregistrements de sa voix pour créer une mélodie) pour se livrer à nous.

Elle nous parle du couple, de la grossesse, du bonheur d’être maman, de la télésexualité (!), des frites belges, de la solitude des personnages âgées, de l’ennui des symphonies de Beethoven… Autant de thèmes que Zoé manie avec élégance et humour.
Au fil des chansons et des vidéos qui les illustrent, on comprend une à une les incroyables névroses qu’elle nous avait exposées au début de son spectacle. Je lui laisse l’exclusivité et le plaisir de vous les présenter, ça vaut le détour!
J’ai été très surprise par sa voix qui est puissante sans être désagréable. Zoé a cette capacité de nous toucher et de nous bercer aussi bien dans les graves que les aigus.
Je dois avouer que lorsqu’elle nous chante « ce n’est pas Disneyland » en nous parlant de son couple j’ai du mal à la croire! Elle a toute la magie des princesses de Disney: la voix enjôleuse, la douce folie, l’attachante maladresse et évidemment le charme. Confortablement assise sur les gradins molletonnés du petit théâtre des Déchargeurs, je me suis laissé complètement ensorceler.

Bref, N’hésitez pas! Vous ne regretterez qu’une seule chose, que ce soit si court! Merci vusurscene.com pour cette jolie découverte.

Mais… qu’est-ce que vusurscene.com ?

C’est un site qui propose des invitations au théâtre contre une petite critique et que j’ai découvert grâce à Laurent S. Le principe ne pouvait que me plaire. D’autant plus que j’y gagne doublement: je suis invitée au théâtre, et on me force à écrire! Pile ce qu’il me faut. J’ai vu 8 spectacles en janvier dont je n’ai même pas parlé, alors cela ne me fait pas de mal de jouer les rédactrices forcées de temps en temps :)

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Harper Regan

Théâtre du Rond Point
2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt 
75008 Paris. 
Métro: Franklin D. Roosevelt

Auteur : Simon Stephens
Traduction : Dominique Hollier
Mise en scène : Lukas Hemleb
Avec : Caroline Chaniolleau, Gérard Desarthe, Marina Foïs, Alice de Lencquesaing, Louis-Do de Lencquesaing, Pierre Moure.

Au Rond Point, prenez la première sortie à droite?

Harper Regan est une femme moderne: débordée par sa vie de famille et sa vie professionnelle, torturée par les démons de son enfance, fatiguée par son adolescente de fille… Usée et à bout de nerfs, elle décide de s’autoriser le congé que lui a refusé son patron pour aller voir son père malade. S’en suit une quête d’elle-même dans laquelle elle tente de reconstruire tous les morceaux de sa vie de mère et sa condition de femme.
Le sujet vous attire? J’ai essayé de retranscrire l’histoire d’Harper sans montrer le réel gâchis qu’est cette pièce. Certes, les épopées de femmes d’aujourd’hui en recherche d’équilibre sont classiques mais elles peuvent rester tout de même très poignantes. Ce n’est pas le cas ici, disons le clairement, « Harper Regan » est d’un ennui hallucinant. Le pitch, le casting (Marina Foïs dans le rôle principal) et le théâtre du Rond Point donnaient envie de se déplacer mais finalement mieux vaut rester au chaud sous la couette devant un bon « Desperate Housewives »! Le ton est lent, Marina Foïs a un phrasé mou et franchement agaçant à la longue. Les thèmes abordés sont trop nombreux: adolescence, chômage, maladie, mort, viol, alcool… Ça fait un peu beaucoup, non?
Heureusement, la mise en scène et le décor sont fabuleux. Le plateau tourne au rythme du long voyage d’Harper laissant apparaitre chaque lieu de sa vie: le bureau de son patron, le salon familial, la rue, un bar, l’hôpital où son père meurt (oups, j’ai spoilé!), une chambre d’hôtel, l’appartement de sa mère etc…
Oui, les saynètes aussi sont très nombreuses mais cet astucieux décor rotatif rend les transitions relativement fluides bien qu’elles cassent tout de même le rythme de la pièce. Heureusement, lorsque la jeune fille gothique d’Harper (Alice de Lencquesaing) est sur scène, elle redynamise tout ça et réveille les spectateurs endormis.
Bref, je ne peux que vous conseiller de passer votre chemin. On a d’ailleurs croisé par hasard Gérard et Anais (pour ceux qui les connaissent!) et à la sortie les premiers mots d’Anais ont été : « qu’est ce qu’on s’est fait chier! ».
Pour nuancer nos 4 avis négatifs, un petit lien vers une critique positive.
A vous de voir !
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