Les Sea Girls fêtent la fin du monde

Elles sont folles!

Voilà un spectacle déjanté et haut en couleurs dans ce magnifique cadre de La Nouvelle Ève. Les Sea girls chantent, dansent, font du cerceau, des claquettes, du flamenco, jouent de la guitare, font de délicieuses grimaces… Bref, ne cherchez pas à imaginer ce qu’elles vont encore inventer, elles vous étonneront forcément.
Leurs costumes sont magnifiques; je me suis souvent perdue pendant le spectacle à regarder minutieusement leur maquillage et chacune de leur robe et, c’est bête, mais qu’est-ce que ça donne la patate tant de couleurs !
Leurs chansons, très variées, sont tantôt légères, tantôt romantiques, dramatiques ou mêmes cruelles. Mais un fil conducteur les relie, celui de l’humour évidemment.
Je n’en dis pas plus, vous pouvez courir à La Nouvelle Ève avec garantie de passer une bonne soirée. Pour ceux qui ne connaissent pas cette salle, c’est le moment de découvrir son ambiance cabaret qui contribue fortement à la réussite de la soirée. Par contre, prévoyez d’arriver TRÈS en avance. Le spectacle est à 21h, je vous conseille d’arriver vers 20h20 pour pouvoir choisir une table devant.
Installez-vous, commandez une coupe de champagne et savourez !
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Viktor Vincent

Théâtre Trévise
14, rue de trévise
75009 PARIS

Quasiment tous les samedi soir jusqu’au 19 mars.

Tarif : 11, 50€ en promo web sur fnac.com

Viktor Vincent est le 4ème spectacle de mentalisme que je vois. Car, oui, ne l’oublions pas le mentalisme c’est du spectacle! Cela pourrait s’apparenter à la magie sauf que les tours sont nécessairement interactifs et que le mentaliste, beaucoup plus qu’un magicien, est censé nous manipuler, nous influencer et deviner nos choix. Certains vont même jusqu’à créer une ambiance mystique pour titiller nos esprits cartésiens en nous faisant croire qu’ils ont un don qui leur permet de lire en chacun de nous. Je pense notamment à Roberto Strizzi dans son « Expérience inédite » qui n’hésite pas à faire de la psychologie et à faire des révélations des plus surprenantes sur les spectateurs (nom de la meilleure amie perdue de vue, nom du dernier pays visité, nom de la grand mère à qui on n’a pas donné de nouvelles depuis un moment…); il glisse même une petite morale histoire de bien nous perturber.
Viktor Vincent est quant à lui plutôt sobre. Son spectacle est ponctué de quelques vidéos d’archive sur la magie, la transmission de pensée, la lévitation… Ces vidéos viennent apporter une légère atmosphère que Viktor Vincent n’exagère pas. On retrouve dans son spectacle quasiment tous les tours classiques de mentalisme (comme retrouver un mot que le spectateur choisit lui-même dans un livre), il les enchaine sans temps mort et avec un calme agréable. J’adore ce sentiment qu’on a tout le long du spectacle, on se demande comment il fait et on a les yeux grand ouverts prêts à être surpris encore et encore. Je pense que pour les curieux d’entre vous qui ont envie de découvrir ce genre de spectacle, celui-ci est parfait! Le prix est abordable, et l’horaire est plutôt pratique: 17h, ce qui vous laisse le loisir d’enchaîner avec une soirée et de raconter à tout le monde tous les tours irrationnels que vous aurez vus ou subis!
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Franchise Postale

J’ai beaucoup d’affection pour Pierre Richard, et j’avais vraiment hâte de le découvrir sur scène. J’étais très déçue d’avoir raté le premier volet de sa série de pièces autobiographiques, «Détournement de mémoire », et après plusieurs rendez-vous manqués j’ai enfin pu aller voir « Franchise Postale » vendredi dernier.
Au-delà de ce que j’ai pensé de sa pièce, j’ai surtout envie d’essayer de vous décrire tout ce que représente Pierre Richard pour moi. Ses « vieux » films appartiennent à mon patrimoine de souvenirs d’enfance ; je les associe aux soirées où toute la famille est réunie devant la tv et où nous rions tous ensemble blottis dans le canapé. Et puis ces films passent et repassent – « La chèvre », « Le grand blond », « Les fugitifs »… nous les connaissons petit à petit par cœur et nous attendons les scènes cultes. Quand on est gamin, on ne mesure pas forcément l’ampleur d’un film, pour moi les maladresses de Pierre Richard étaient cultes juste pour nous et nous appartenaient. Alors voilà, j’associe le regard candide et pétillant du « jeune » Pierre Richard à tout cela, à tous ces souvenirs que son image me permet de garder.
Je trouve que le « vieux » Pierre Richard est très différent du personnage de l’époque. Mon regard a sûrement évolué aussi, et ce que le sien dégage aujourd’hui me touche particulièrement. J’ai redécouvert Pierre Richard dans le téléfilm « Sans famille », en 2000. Je ne le reconnaissais pas, son visage avait une tendresse et une sagesse qui m’avaient frappée. Depuis, je crois que je ne l’ai aperçu que dans « Faubourg 36 » mais les photos que je pouvais voir de lui me suffisaient pour m’attendrir et me donner envie de le voir sur scène, de près. Il dit en parlant de Brassens dans sa pièce que c’est un petit garçon dans un corps d’homme. Je me trompe peut-être, mais pour moi Pierre Richard est l’inverse : un grand homme dans un corps de garçon, ou plutôt dans un regard de gosse. On le résume souvent à la maladresse de son personnage, à son côté joueur et enfantin, mais je trouve que sa douceur et sa maturité l’ont rattrapé et se lisent aujourd’hui entre ses rides.
Trêve de poésie, parlons un peu de la pièce ! Pierre Richard veut nous raconter sa vie mais pour orchestrer cela, et parce que ce n’est pas aussi simple de se dévoiler à 76 ans, Christophe Duthoron – coauteur du spectacle – lui a créé un prétexte : à travers des réponses à de fausses lettres de fans, Pierre Richard nous conte des vraies anecdotes de sa vie de comédien et de sa vie d’homme. C’est difficile de vous dire si je vous conseille ou non la pièce, j’avais bien trop à observer pour m’ennuyer mais je pense qu’elle souffre tout de même de quelques défauts. Pierre Richard nous offre à la fois ses mésaventures les plus cocasses (sa rencontre avec Charles Aznavour ou avec le mime Marceau, sa participation involontaire aux évènements de mai 68, ses leçons de théâtre …), que ses chagrins les plus tendres. La démarche est ingénieuse, et toutes ces anecdotes ou ces leçons de vie qu’il donne à ses faux fans auxquels il répond ne nous font pas regretter le déplacement. Malgré cela, sa façon de narrer manque à mon goût de panache et d’une touche plus personnelle si bien que parfois le texte peut sembler légèrement monotone. Notamment dans le dernier quart d’heures où il dépense beaucoup d’énergie pour nous faire revivre une de ses collaborations au théâtre qui l’a particulièrement marqué. J’ai bien plus aimé les passages avec un rythme plus lent qui nous laisse le temps de ressentir l’émotion de ses souvenirs et d’apprécier les jolis mots qui ponctuent le texte.
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